Et maintenant, l’iPad


Posted in review by Yann Lebout - fév 13, 2010

Maintenant que tout le monde a donné son avis sur le dernier-né des studios Apple, j’ai nommé l’iPad, et que de mon côté, j’ai eu le temps d’y réfléchir un peu (j’aime bien réfléchir avant de parler, sinon je dis encore plus de conneries), je reviens avec un avis que j’espère pertinent. En tout cas, le plus objectif possible. Pour arriver à cela, pour parler de l’iPad et de son utilité, de sa conception, de son prix et de tout le reste, le plus simple est de le comparer à d’autres produits qui partagent certaines de ses utilisations.

L’iPad et l’iPhone… ou pas

Eliminons donc tout de suite la comparaison la plus oiseuse qui a été réalisée à son propos et ne comparons pas l’iPad à l’iPhone. La raison en est simple : l’iPad ne permet pas de téléphoner, l’iPad ne se glisse pas dans votre poche et ne s’emporte donc pas à tout moment partout avec vous. Bien sûr, on peut utiliser les mêmes applications sur l’un comme sur l’autre, mais c’est également le cas entre le MacBook Air et le Mac Pro. La comparaison entre les deux produits ne semblent néanmoins pas spécialement pertinente pour aucun des deux produits. Je ne crois pas que la comparaison de l’iPad avec l’iPhone le soit plus.

L’iPad et le Kindle

Une des utilisations-phare de l’iPad est la lecture de la presse et de la littérature. Il se compare là au Kindle, le lecteur d’eBook d’Amazon. Et il est clair qu’il ne soutient pas la comparaison : l’écran n’est pas à encre numérique, ce qui amènera de toute façon un confort de lecture moindre et surtout une autonomie nettement inférieure. Reste néanmoins le shop d’Apple, dont on ignore encore l’étendue de l’offre, en particulier en Europe où Amazon peine à proposer la presse et la littérature locale. C’est peut-être un domaine où l’iPad a une carte à jouer, d’autant plus que les prix proposé ont l’air agressifs. Reste le Whispernet d’Amazon qui permet de disposer de ce shop à tout moment gratuitement (enfin, le prix est compris dans l’achat de publications) ce qu’Apple ne fournit pas réellement, mais qui dans les faits risque d’être le cas, vu l’ensemble de la connectivité que propose l’appareil et les abonnements 3G « à la demande » prévu avec l’iPad. Au total, en termes de service et d’expérience utilisateur, l’iPad reste en dessous du Kindle a cause de sa conception technique (écran « classique ») mais se rattrapera peut-être sur la bibliothèque disponible. Reste évidemment le prix qui décidera toute personne sensée à la recherche d’un lecteur d’ebook pour la solution d’Amazon (ou similaire de ses concurrents).

L’iPad et le EEE PC

L’iPad est également similaire à un Tablet PC. Mais là, la comparaison est difficile à réaliser honnêtement. Parce que le marché du tablet PC est encore assez flou. La plupart de ces appareils misent encore sur l’hybridation : notebook tablet, ultraportable tablet ou netbook tablet sont bien plus courants. C’est d’ailleurs à cette dernière catégorie de produits que l’iPad peut se comparer au mieux, de part sa gamme de prix et la puissance de son hardware. Dans cette gamme, on trouve le EEE PC T91 de Asus ou l’Archos 9. Pourtant, difficile de trouver beaucoup de similitude entre ces deux produits et l’iPad. Tant le T91 que l’Archos 9 sont des solutions qui tournent sous Windows 7, et acceptent donc par nature et à priori tous les programmes susceptibles de fonctionner dans cet environnement. A priori, bien sûr, car vu le côté hardware assez limité de ces appareils, difficile d’imaginer faire tourner des jeux avancés ou logiciels de retouches photo. Même la lecture de vidéos reste limitée sur ce type d’appareil. Bref, disposer d’un environnement ouvert peut sembler être un gros avantage sur ce type d’appareil, mais il faut vraiment se poser la question de la qualité de l’expérience utilisateur qui est proposée. Et c’est cette expérience utilisateur qui va réellement déterminer la valeur de l’iPad par rapport à ces autres produits : qualité et fluidité de l’interface, stabilité, performance de l’écran tactile, toutes des caractéristiques pour lesquelles Apple a prouvé sa capacité à faire beaucoup mieux que Microsoft. Reste évidemment la grande inconnue : le confort de la saisie avec le clavier tactile de l’iPad par rapport au confort des (petits) claviers physiques des EEE PC.

L’iPad et le Gameboy

L’iPad pourrait également être comparée à une console de jeu. De la même manière que Facebook est devenu une grosse plate-forme de jeux onlines, l’iTunes Store est devenu un gros vendeurs de jeux casuals, et même pas uniquement. L’iPad promet de renforcer encore cet aspect et il a quelques atouts : l’accéléromètre et l’écran tactile au doigt offre des possibilités de jeux originaux qu’aucune autre plate-forme ne peut proposer. Maintenant, ne nous leurrons pas, l’iPad n’a pas les mêmes capacités qu’une console de jeu portable comme la PSP. Reste que dans le créneau des jeux plus casual, créneau dominé par Nintendo, l’iPad pourrait tirer son épingle du jeu. Si son prix ne le rendait pas totalement inabordable en tant que console de jeu (ouais, je répète beaucoup le mot jeu. Jeu, jeu, jeu,… Mais jeu ne suis pas égocentrique).

Au final, on le voit, il y a deux manières d’aborder cet appareil. On peut le voir comme un hybride entre plusieurs autres devices qui fait tout moins bien : un moins bon support pour livre numérique que le Kindle, un moins bon ordinateur ultra-portable qu’un netbook ou un tablet PC (ce qui reste néanmoins à voir) et une moins bonne console de jeu qu’une PSP. Mais je crois que cette manière de le voir est liée à notre manière d’aborder de nouveaux produits : par comparaison.

Or, si on prend l’iPad pour ce qu’il est censé faire, consulter des pages web et ses mails, regarder des photos, des vidéos et écouter de la musique, gérer son calendrier, ses contacts et prendre quelques notes, je pense, connaissant la maîtrise de l’expérience utilisateur de Apple, qu’on devrait avoir un objet qui prend en charge ces fonctions de manière assez exceptionnelle. La véritable question est donc de savoir si un objet destiné à ces utilisations, et uniquement celles-là, répond à un besoin. Je le crois que oui, en tout cas. A ce prix-là, encore plus.

PS : je n’ai même pas parlé de Flash ou du multitasking… Pour faire court, Flash, c’est de la merde qui sert juste aux développeurs web paresseux à ne pas devoir optimiser leur développement pour plusieurs plateformes. Et le mono-tasking d’Apple est plus rapide et efficace pour travailler sur plusieurs programmes que le multitasking de tous ses concurrents.

J’adore finir par un troll !

fév
13

Chacun a un nombre limité de mots à écrire sur cette Terre


Posted in Vie du blog by Yann Lebout - fév 6, 2010

Je ne suis pas un Baron des textes, et pourtant, j’ai cru remarquer que j’avançais trop vite dans ce cota dernièrement. Cela explique le manque d’activité sur mon blog ces dernières semaines. D’autant plus que, vous le savez sans doute, je travaille maintenant. Je dois donc écrire pas mal de documents dans le cadre de ce boulot au sein de l’entreprise armonea, groupe leader sur le marché belge dans la gestion de maison de repos et résidences pour séniors.

Si on rajoute à cela que j’ai repris d’autres activités d’écriture, plus romancée, et vous comprendrez que mon quota de mots s’écoule plus vite que de raison. Vous ne le savez sans doute pas, mais, dans ma prime jeunesse, j’ai écrit beaucoup de textes plus « littéraires » que j’ai eu la prétention d’appeler « nouvelles ». Pour la plupart inachevées, j’ai toujours gardé une tendresse pour l’écriture qui raconte simplement des histoires inspirées de scènes de tous les jours ou qui met en scène des personnages plus ou moins auto-biographiques. De 30 lignes à 30 pages, la plupart de ces textes sont mauvais, les autres sont médiocres. Et pourtant, j’ai toujours envie d’un jour terminer l’un ou l’autre projet plus ambitieux. En tout cas, je me suis remis à y travailler, sur un nouveau texte néanmoins.

Et, au-delà des mots que cela coute, écrire prend surtout du temps, beaucoup de temps, qui, lui, est effectivement limité. C’est pourquoi ce blog n’est plus alimenté. Je dois donc trouver une formule pour continuer à ajouter du contenu sur cette plate-forme, en moins de mots, en moins de temps. Je cherche. Vous serez averti quand j’aurai trouvé.


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6

Quelques bonnes tables italiennes de Bruxelles


Posted in Vie du blog by Yann Lebout - jan 23, 2010

Etre fils d’une mère italienne est autant une bénédiction qu’une malédiction. Parce que si on apprend à cuisiner correctement ses pâtes sèches pour qu’elles ne soient ni trop gluante, ni trop dure (uniquement possible avec quelques marques, hélas), on devient aussi fort exigeant quand à la cuisine typique de la botte. Ca fait donc maintenant quelques années que j’ai pu tester de nombreux établissements bruxellois de cuisine italienne, et je vous livre ici quelques commentaires sur certaines adresses déjà célèbres pour les bruxellois.

1. Le Divino

On commence très fort, avec cette adresse que tout le monde doit tester si ce n’est déjà fait… Le Divino est situé en plein centre de Bruxelles, à deux pas de la Place Saint-Géry et de ses cafés branchés (un peu moins qu’avant d’ailleurs). Le lieu a donc à raison cherché à attirer cette clientèle avec une décoration et une image assez léchée et moderne, loin de kitsch de la Tratoria traditionelle. Heureusement, avec la hype n’est pas venue la déconvenue culinaire : on y mange très bien. Les plats de pâtes comme les pizzas, mais également les entrées (excellente bruschetta), sont de très bonne qualité, relativement originaux. La pizza est servies avec des oignons rouges, les pates sont cuites assez bien et les sauces sont travaillées. Il faut particulièrement noter les deux sélections de vin (du mois et du patron) qui m’ont surprises par leur qualité tout en gardant un prix très doux. Si vous passez sur l’heure de midi, le lunch est à 12 euros, plat et boisson au choix. Au soir, il vous en coutera un peu plus cher, mais c’est loin d’être exagéré vu la qualité des plats. Seul bémol du lieu, à part sa grande fréquentation qui vous imposera peut-être la réservation le week-end, la salle qui s’avère être très bruyante et assez encombrée. Dommage, cela gâche une partie du plaisir de cette adresse qu’il faut de toute façon retenir.

http://www.restodivino.be

2. Il Rugantino

Ici encore, il s’agit d’une adresse au centre de Bruxelles, sur le boulevard Anspach, entre la Bourse et Anneesens. Son nom a commencé à circuler depuis quelques mois comme une adresse à tester pour la qualité de sa cuisine, même si on m’avait prévenu de la rudesse du service et du décor. C’est le moins que l’on puisse dire ! Tant les serveurs que la salle donne une impression bien grise du lieu. La salle est immense, assez mal éclairée, et son kitsch n’y fait même pas sourire. Les serveurs, clairement italiens, donnent l’impression qu’on les dérange, et même si les italiens sont sans doute habitués à ce traitement, il faut quand même bien admettre qu’à ce niveau, ça devient réellement dérangeant. Si seulement cela pouvait être compensé par l’assiette… Hélas, le test de la pizza Calzone a été bien décevant. Si le cuisinier n’est pas chiche sur la quantité, il ne semblait pas avoir eu la patience de répartir les ingrédients sur l’ensemble de la pizza. Je me suis donc retrouvé avec des coins noyés sous des champignons de paris fort insipides, d’autres sous du jambon tomaté mal assaisonné. La pizza de la personne qui m’accompagnait avait l’air plutôt dégarnie tandis que le vin du patron était quelconque. Bref, une adresse qui m’avait été chaleureusement recommandée et qui m’a d’autant plus déçue.

Il Rugantino sur Google Maps

3. La Delizia

Il y a par contre certaines adresses dont on attend absolument rien, mais qui s’avère être des découvertes excellentes. C’est la cas de ce restaurant dans la plus pure tradition italienne situé place Saint-Josse. Bon, nous n’avons pas testé toute la carte, loin de là, et je n’ai même pas bu de vin, mais j’ai mangé à cette endroit la meilleure calzone qu’il m’avait été donné de goûter depuis fort longtemps. Les prix sont d’ailleurs assez élevés pour le quartier, le décors est franchement kitsch, le service est donné par des italiens assez froids sans être désagréables, mais si l’ensemble de la carte est à l’image du plat que j’y ai goûté, je risque d’y retourner asseez souvent.

La Delizia sur Google Maps

4. Rino son resto

Le quartier étudiant du cimetière d’Ixelles est un endroit finalement assez peu propice pour une pizzeria de qualité, vu la demande de prix plancher, et que plus plancher que la pizza surgelée, c’est pas possible pour un resto. C’est pour cela que les formules « plats de pâtes » ont beaucoup plus la côte (beh oui, on peut es proposer vraiment pas chers, et ça demande quand même plus de préparation pour l’étudiant chez lui que la pizza surgelée). Le seul italien réputé de qualité du coin est le sono di italia qui est dans des gammes de prix assez élevée (et que je n’ai donc jamais testé). Reste que cela fait maintenant 6 mois qu’un transfuge de cette adresse a décidé d’ouvrir son propre établissement quasiment sur le rond-point du cimetière. Même optique assez haut de gamme, mais un décor beaucoup plus moderne (cuisine à l’avant du restaurant) dans les tons rouge et noir. Classe, quoi. Je dois bien avouer que cette jolie présentation m’a fait l’effet d’une coquille vide. Premier regret, la lenteur du service… Nous avons mis sans doute une heure et demi pour manger notre plat de pâtes. Peut-être sommes nous tombé un mauvais jour, mais il faut bien admettre qu’avec cette longue attente, on espère être récompensé. Et si le plat était de qualité supérieure, je dirais, il était bien trop peu copieux, encore plus quand l’attente est fort longue pour l’obtenir. Bref, si vous avez le temps de prendre un service complet et que le problème de vitesse du service est réglé depuis, cette adresse pourrait être assez agréable grâce à un cadre réussi et une cuisine qui m’a laissé un bon souvenir de bouche. Sinon, passez votre chemin, car ce restaurant est peut-être un peu trop ambitieux et en décalage avec la population du quartier.

http://www.rino-son-resto.be/

5. Mano à Mano

On va terminer avec un classique de Bruxelles. Le Mano à Mano, situé rue Saint-Boniface (entre le belgo-belge et l’ultime atome), est une véritable cantine italienne. Venez tôt, car c’est vite rempli et les tables sont finalement assez peu nombreuse. Pas grand chose à dire sur cette adresse, finalement peu révolutionnaire, mais tellement simple et efficace ! Les pizzas, les plats de pates ou les viandes sont toutes des préparations très connues, mais réalisée de façon très correcte, à des prix abordable. C’est surtout l’ambiance très décontractée qu’on apprécie dans ce lieu qui est un véritable restaurant bruxellois de cuisine italienne.

Mano à Mano sur Google Maps

Il en reste beaucoup que je n’ai pas cité, n’hésitez pas à me signaler une adresse immanquable que j’aurais omise de citer (il y en a beaucoup, j’en suis sûr) !

jan
23

Facebook


Posted in Vie du blog, web, web 2.0 by Yann Lebout - jan 15, 2010

J’ai vraiment envie d’écrire un article sur Facebook. D’une part parce que c’était le sujet du dernier Café Numérique, et que les présentation étaient intéressantes et variées, d’autre part parce que les déclaration du PDG de Facebook dernièrement ont pu en agacer certain. Le problème, c’est que c’est difficile de rajouter quelque chose de pertinent à tout ce qui a déjà été dit sur ce site. Et en plus, quand je parle de Facebook, j’ai toujours envie de dire « on vous l’avait bien dit ».

Honnêtement, les journalistes qui s’amusent à annoncer un changement radical de Facebook au niveau de la vie privée se foutent un peu du monde. C’est vrai que les options par défauts rendent actuellement Facebook beaucoup plus public qu’avant. Mais bon, cela ne change rien au fait que depuis le début, vous ne pouvez pas réellement contrôler ce que vous rajoutez à Facebook. Le réseau est ainsi conçu que vos contenus sont dupliqués, partagés, distribués ce qui rend impossible toute marche arrière une fois la publication. Vos contenus deviennent publics. Les évolutions successives depuis plusieurs mois (années ?) montrent que cette tendance a toujours été présente. Mais il devient urgent que les gens intègrent bien ce facteur primordial !

Maintenant, si les moyens ont changé, le fait de s’exprimer et s’étaler publiquement n’est pas neuf. Combien ne se sont-ils pas épanchés sur les libres-antennes radiophoniques, combien n’ont-ils pas fait tout pour leur minute sur RTL-TVI. L’envie d’être connu et si possible reconnu du public n’est pas venue de Facebook, l’outil répond juste à un besoin et l’amplifie de manière impressionante. Cette amplification est également un élément primordial à prendre en compte.

Et donc, quand vous dites quelque chose sur Facebook, c’est tout aussi public que si vous le disiez au micro de la RTBF. Sauf que ce passage de quelques secondes se retrouvent comme enregistré sur les cassettes VHS (ou les décodeurs Belgacom TV) de tous vos proches (et de pas mal de proches de vos proches). Plus besoin que quelqu’un soit devant son écran au moment où vous prononcez les mots, il peut les retrouver quelques heures ou quelques jours plus tard. L’effet d’amplification n’est donc pas de la même nature que les mots lachés au micro de AB3 (bon, ils font pas d’émission, mais faisons comme si), car ils vont toucher beaucoup de personne, pendant longtemps. Ils ne disparaîtront pas une fois prononcés. En fait, ils ne disparaîtront plus jamais.

Pour ces différentes raisons, il devient urgent et crucial d’offrir une éducation aux nouveaux médias aux jeunes et aux parents, mais à tout le monde également. Il ne faut pas avoir peur de Facebook, il est totalement contre-productif d’appeler au boycott face à des décisions de l’entreprise Facebook, puisque son produit répond à un besoin tellement imposant qu’un appel au boycott est aussi efficace que l’appel au boycott du chocolat. Mais il va devenir d’une nécessité absolue d’aider les gens à se servir de ces outils dans leur travail et dans leur vie privée.

En réalité, je suis d’accord avec Mark Zuckerberg, la manière dont on perçoit la vie privée évolue, et il est probable que les enfants qui surfent pour le moment sur Facebook n’auront pas la même vision que les quarantenaire qui s’y inscriront dans 1 an par dépit. Je ne crois pas qu’il soit utile de lutter contre ce phénomène (qui est finalement assez similaire en termes de changement de paradigme à ce qu’on a pu observer fin des années 60, début des années 70), je crois qu’il faut éduquer à cette transformation pour qu’on puisse en tirer le meilleur : plus de collaboration, plus de tolérance. Et plus de chatons.

jan
15

Musique en vrac #2


Posted in musique, web by Yann Lebout - jan 13, 2010

Une sélection de 2009 très originale

Je commence cet article par une sélection tardive du meilleur de 2009 par un des rédacteurs de l’excellent blog La Blogothèque. Il faut dire que le bonhomme n’y va pas par quatre chemin en mettant en ouverture de son article le dernier album des Pet Shop Boys. Si je ne suis pas d’accord avec ce choix, je le trouve si intelligent et consistant du reste de ses choix (Patrick Wolf, Annie, A-Ha) que cela me donne une réelle envie de découvrir les quelques noms inconnus de la liste de Pierre, puisque c’est son nom. En attendant, une petite dose de pop acidulée ne fait jamais de mal à personne…

Un Vampire Weekend qui choisit bien son moment

Après les fêtes de fin d’année, le syndrome post-classements en tous genres fait surface : il faut vite trouver du nouveau matériel pour remplir les pages de nos blogs désertées par les articles-marronniers faciles que constituent les rétrospectives de l’année écoulée. Remercions donc Vampire Weekend de nous sortir son album assez attendu, suffisamment en tout cas pour occuper tout le web musical en ce début morne de l’année (à lire sur WATM, Soul Kitchen, The Violette Roll, Playlist Society, Esprits Critiques, Dance Dance Dance entre autres). Je n’ai pas écouté ce deuxième opus Contra. Mais comme le premier opus m’a déjà assez déplu et qu’il n’y aurait pas de grande révolution à l’horizon, je crois que je vais faire l’impasse cette fois-ci. Néanmoins, si vous aimez la pop sautillante, vous pouvez tenter le coup ! Je suis pour ma part convaincu à la lecture des critiques que c’est le calme de la période qui offre à Vampire Weekend autant de part d’audience…

Le coin branché : Animal Collective, Phantogram et Tings Tings

Un autre groupe qui avait fort bien réussi à profiter du creux de fin d’année pour placer son horrible Merryweather Post Pavillon début 2009, c’est Animal Collective. Et pour fêter la première année de l’album (youpie), ils nous proposent un clip vidéo pour la chanson « Brothersport » (qui est, selon moi, la plus horrible de l’album). Sauf que cette fois-ci, même leurs plus fervents supporter sur le web sont dubitatifs. Si même Fluctuat ou Ziknation se mettent à douter des rois de l’indie, il ne faudra peut-être plus longtemps pour que les Inrocks les abandonnent également. Non, là, je fantasme…

A contrario, un groupe qui a été vite grillé parce que trop branché, les Tings Tings, m’avaient impressionnés sur scène en défendant avec énergie et simplicité leur premier opus sur la scène du Botanique. Du coup, je suis plutôt curieux de leur second opus qui sortira en 2010 et portera le nom de Kunst. Selon Ziknation, il sera plus rock. Je sais pas pourquoi, mais j’en doute…

Enfin, une découverte (aussi via Ziknation, décidément) qui risque de devenir fort branchée, Phantogram, duo à la voix féminine et aux beats breakés assez massifs renforcés de guitares qui marchent bien et de quelques claviers. Non seulement, je trouve ça pas mal. Mais surtout je vois chez eux un gros potentiel commercial buzzique. Je me trompe sans doute, comme souvent, mais que cela ne vous empêche pas d’aller jeter une oreille sur leurs trois morceaux sur leur MySpace (mon préféré étant « When I’m Small »).

Jon Hopkins insuffle une âme à la musique expérimentale

Pourtant, à la lecture d’un trait saillant de son CV, la production de parties électroniques du dernier Coldplay Viva la Vida, on pourrait croire que le bonhomme n’a ni lien avec la musique expérimentale, ni âme. Si on poursuit un peu, on apprendra pourtant qu’il a également travaillé avec notamment Massive Attack. Et c’est à l’écoute de son opus Insides qu’on finira par succomber aux qualités incroyables de ce musicien issu du classique. En effet, en deux parties de 5 titres, Jon Hopkins met les beats aux services du piano, et inversement, et réciproquement. Après une introduction qui n’augure pourtant rien d’exceptionnel, la première partie va nous emmener au pays du beat saccadé. Si vous aimé Modeselektor, Ellen Allien ou Apparat (et à fortiori Moderat), vous adhérerez à ces 4 morceaux impeccables du bout en bout, jusqu’au « Colour Eyes » nettement plus difficile d’accès mais dans la prolongation parfaite de la montée que constitue les 3 morceaux précédents. La deuxième partie nous propose des ambiances plus apaisées, plus lumineuses. Elle s’ouvre sur « Line Through The Veins » que vous pourrez reconnaître puisqu’il s’agit d’une autre version du morceau d’ouverture de l’album Viva La Vida de Coldplay, « Life In Technicolor« . Elle se poursuit quelques fois simplement au piano, souvent accompagnées de quelques machines qui déroule le velours de leurs beats électroniques. Je ne vous en dit pas plus, d’autres en parle de toute façon avec bien plus de brio que moi (chez Esprits Critiques notamment), j’espère juste vous avoir donné l’envie d’y jeter une oreille.

http://www.myspace.com/jonhopkins

jan
13

L’allocation de remplacement, une source de richesse


Posted in Vie du blog, politique by Yann Lebout - jan 11, 2010

Cet article est une réponse à l’article de Echocynique paru ce 10 janvier sur son blog et les commentaires à son sujet relevé sur Twitter.

L’interview du président du PS concernant les impacts de la crise sur les plus pauvres est assez criticable. Malheureusement, la critique que @Echocynique nous propose est tellement superficielle et grossièrement polémique que je ne peux me résoudre à ne pas y réagir.

Dans l’ensemble, l’article joue au Nostradamus économique en mettant en avant des liens de causes à effets non démontrés (ce qui, en soi, est logique dans un billet d’opinion) mais surtout non étayés d’arguments. Je ne vois personnellement pas en quoi le contrôle des prix des produits de base aurait un impact important sur les petits commerces. Les petits commerçants en Belgique ne sont actuellement pas particulièrement dépendants des produits de première nécessité : les épiceries de quartier ont totalement disparu, seuls restent des nights shops qui seraient de toute façon exclus d’une mesure de contrôle des prix (ce qui est d’ailleurs assez dommage, la plupart sont franchement illégaux). Par ailleurs, ce sont bien les gros distributeurs mais surtout les grossistes qui seraient le plus victimes de ce contrôle des prix des produits de base, ce qui va de toute façon amener à une augmentation d’autres prix en compensation. Je doute donc que cette mesure d’un autre âge soit réellement pertinente, d’autant plus que l’inflation a été particulièrement faible ces derniers mois et qu’un contrôle des prix supplémentaires seraient néfastes pour les revenus de la consommation, déjà assez affaiblis. Je doute de toute façon que cela participe de manière réelle à l’amélioration du bien-être des plus démunis.

S’il y a donc d’excellents arguments pour critiquer le contrôle des prix, qui ne sont pas la menace que cela ferait peser sur les petits commerçant, les deux lignes concernant l’augmentation des revenus de remplacement sont franchement faiblardes. L’argument du piège à l’emploi est un cheval de bataille des personnes opposées à ces revenus, et il relève jusqu’à preuve du contraire, du fantasme. Si j’arrive jusqu’au chômage (je suis en stage d’attente), je bénéficierai d’une allocation de moins de 800 euros par mois. Cela permet certes de survivre mais certainement pas de vivre (c’est à dire s’épanouir dans son existence). Aù-delà du fait que la plupart des personnes travaillent également pour avoir une place dans notre société, ce qui semble être rarement le cas des ultra-libéraux qui semble considérer le travail uniquement comme une source de revenu, je doute que passer les revenus de remplacement à 850 euros constituerait une raison suffisante pour la plupart de mettre tout en oeuvre pour rester au chômage. Parce qu’à part se loger, se nourrir, se vêtir, se chauffer et communiquer, on peut pas faire grand chose de plus avec cette somme, et on fait déjà tout cela assez mal !

D’autant plus qu’il faut vraiment se démener pour les garder, ses allocations de remplacement sans travailler, vu le système d’exclusion de plus en plus renforcé (et assez injuste et aléatoire) qui est mis en place. Il est pourtant nécessaire, car la fraude existe : travailleurs au noir qui profitent du chômage (ou employeurs qui sous-paient des travailleurs au noir en leur faisant valoir le fait qu’ils continueront à toucher le chômage – j’en connais), fausse déclaration de cohabitation et autres arnaques au CPAS sont des fléaux contre lesquels il faut lutter. Néanmoins, c’est bien autours de la fraude que doit s’axer le système d’exclusion des revenus de remplacement. A l’heure actuelle, des personnes qui veulent changer d’orientation (c’est encore le droit de chacun de choisir son travail) et se forment pour cela sont menacés d’exclusion du chômage, d’autres qui sont simplement sous-qualifiés mais veulent vivre et travailler décemment (ce qui me semble aussi le droit de tous) le sont également.

Car il est là, le véritable problème : il est impensable à l’heure actuelle qu’un travailleur à temps-plein quelque soit sa fonction, gagne moins de 1100 euros net par mois (surtout à Bruxelles) ! S’il faut sans doute augmenter les revenus de remplacement pour permettre aux gens de vivre décemment, il faut surtout augmenter le salaire minimum légal et améliorer les conditions de travail des travailleurs les plus précaires. Il n’est pas normal qu’un travailleur n’ait aucun confort de vie. Car si c’est pour vivre mal en exploité dans un travail aux conditions déplorables et ne même pas disposer de moyens suffisant pour vivre bien en dehors, autant vivre mal en exclu de la société car au chômage. On ne sait pas quel est le moindre mal, mais au moins, on ne doit pas se lever le matin.

Mais le pire dans tout cela, c’est que je suis convaincu qu’une augmentation des plus bas revenus (salaire minimum et allocations de remplacement) serait globalement positif pour l’économie. Vu les niveaux de revenus dont on parle, je crois que la majeure partie de cette augmentation serait réinjectée dans l’économie par la consommation, qui est le premier moteur économique de notre pays, créant une demande plus importante et une industrie en meilleure santé. Cette mesure rendra, contrairement à ce qu’affirme l’article auquel je réponds, tout le monde plus riche. Ce en quoi je suis dans la lignée de nombreux économistes politiques qui affirment que les revenus de remplacements sont indispensables aux fonctionnements de nos économies (voir Barthélemy, Pieretti, Heertje « Principes d’économie politique », De Boeck)

Je n’ai pas répondu ici à l’idée que les gens exclus du chômage ne vont pas au CPAS. Comme le lien vers lequel pointe l’article de @echocynique l’explique lui-même, le chiffre de 9% avancé par la Ministre est contesté par une autre étude. L’intervention de Zoé Genot est d’ailleurs intéressante et exprime mon point de vue sur la chasse au chômeur.

Pour résumer ma réaction : le contrôle des prix me semble être une mauvaise idée non pas parce qu’il va constituer une menace pour les petits commerçants mais bien parce qu’il ne va pas améliorer la qualité de vie des plus démunis et que vu les circonstances, il me semble dangereux pour l’économie ; le piège à l’emploi que constitue les allocations de remplacement est un fantasme ultra-libéral que j’attends de voir étayé par des chiffres et qui me semble de toute façon absurde par rapport à la réalité que beaucoup vivent au jour le jour ; l’exclusion du chômage est un moyen de sanction important à préserver pour lutter contre la fraude mais doit se limiter à cet objectif.

Je répondrais bien à tous vos commentaires, mais là, je dois envoyer quelques CV et lettres de motivation, j’entame mon cinquième mois de recherche d’emploi infructueuse, et je vais bientôt devoir prouver à l’ONEM que je mérite le droit de vivre.


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