Chacun a un nombre limité de mots à écrire sur cette Terre


Posted in Vie du blog by Yann Lebout - fév 6, 2010

Je ne suis pas un Baron des textes, et pourtant, j’ai cru remarquer que j’avançais trop vite dans ce cota dernièrement. Cela explique le manque d’activité sur mon blog ces dernières semaines. D’autant plus que, vous le savez sans doute, je travaille maintenant. Je dois donc écrire pas mal de documents dans le cadre de ce boulot au sein de l’entreprise armonea, groupe leader sur le marché belge dans la gestion de maison de repos et résidences pour séniors.

Si on rajoute à cela que j’ai repris d’autres activités d’écriture, plus romancée, et vous comprendrez que mon quota de mots s’écoule plus vite que de raison. Vous ne le savez sans doute pas, mais, dans ma prime jeunesse, j’ai écrit beaucoup de textes plus « littéraires » que j’ai eu la prétention d’appeler « nouvelles ». Pour la plupart inachevées, j’ai toujours gardé une tendresse pour l’écriture qui raconte simplement des histoires inspirées de scènes de tous les jours ou qui met en scène des personnages plus ou moins auto-biographiques. De 30 lignes à 30 pages, la plupart de ces textes sont mauvais, les autres sont médiocres. Et pourtant, j’ai toujours envie d’un jour terminer l’un ou l’autre projet plus ambitieux. En tout cas, je me suis remis à y travailler, sur un nouveau texte néanmoins.

Et, au-delà des mots que cela coute, écrire prend surtout du temps, beaucoup de temps, qui, lui, est effectivement limité. C’est pourquoi ce blog n’est plus alimenté. Je dois donc trouver une formule pour continuer à ajouter du contenu sur cette plate-forme, en moins de mots, en moins de temps. Je cherche. Vous serez averti quand j’aurai trouvé.


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fév
6

Quelques bonnes tables italiennes de Bruxelles


Posted in Vie du blog by Yann Lebout - jan 23, 2010

Etre fils d’une mère italienne est autant une bénédiction qu’une malédiction. Parce que si on apprend à cuisiner correctement ses pâtes sèches pour qu’elles ne soient ni trop gluante, ni trop dure (uniquement possible avec quelques marques, hélas), on devient aussi fort exigeant quand à la cuisine typique de la botte. Ca fait donc maintenant quelques années que j’ai pu tester de nombreux établissements bruxellois de cuisine italienne, et je vous livre ici quelques commentaires sur certaines adresses déjà célèbres pour les bruxellois.

1. Le Divino

On commence très fort, avec cette adresse que tout le monde doit tester si ce n’est déjà fait… Le Divino est situé en plein centre de Bruxelles, à deux pas de la Place Saint-Géry et de ses cafés branchés (un peu moins qu’avant d’ailleurs). Le lieu a donc à raison cherché à attirer cette clientèle avec une décoration et une image assez léchée et moderne, loin de kitsch de la Tratoria traditionelle. Heureusement, avec la hype n’est pas venue la déconvenue culinaire : on y mange très bien. Les plats de pâtes comme les pizzas, mais également les entrées (excellente bruschetta), sont de très bonne qualité, relativement originaux. La pizza est servies avec des oignons rouges, les pates sont cuites assez bien et les sauces sont travaillées. Il faut particulièrement noter les deux sélections de vin (du mois et du patron) qui m’ont surprises par leur qualité tout en gardant un prix très doux. Si vous passez sur l’heure de midi, le lunch est à 12 euros, plat et boisson au choix. Au soir, il vous en coutera un peu plus cher, mais c’est loin d’être exagéré vu la qualité des plats. Seul bémol du lieu, à part sa grande fréquentation qui vous imposera peut-être la réservation le week-end, la salle qui s’avère être très bruyante et assez encombrée. Dommage, cela gâche une partie du plaisir de cette adresse qu’il faut de toute façon retenir.

http://www.restodivino.be

2. Il Rugantino

Ici encore, il s’agit d’une adresse au centre de Bruxelles, sur le boulevard Anspach, entre la Bourse et Anneesens. Son nom a commencé à circuler depuis quelques mois comme une adresse à tester pour la qualité de sa cuisine, même si on m’avait prévenu de la rudesse du service et du décor. C’est le moins que l’on puisse dire ! Tant les serveurs que la salle donne une impression bien grise du lieu. La salle est immense, assez mal éclairée, et son kitsch n’y fait même pas sourire. Les serveurs, clairement italiens, donnent l’impression qu’on les dérange, et même si les italiens sont sans doute habitués à ce traitement, il faut quand même bien admettre qu’à ce niveau, ça devient réellement dérangeant. Si seulement cela pouvait être compensé par l’assiette… Hélas, le test de la pizza Calzone a été bien décevant. Si le cuisinier n’est pas chiche sur la quantité, il ne semblait pas avoir eu la patience de répartir les ingrédients sur l’ensemble de la pizza. Je me suis donc retrouvé avec des coins noyés sous des champignons de paris fort insipides, d’autres sous du jambon tomaté mal assaisonné. La pizza de la personne qui m’accompagnait avait l’air plutôt dégarnie tandis que le vin du patron était quelconque. Bref, une adresse qui m’avait été chaleureusement recommandée et qui m’a d’autant plus déçue.

Il Rugantino sur Google Maps

3. La Delizia

Il y a par contre certaines adresses dont on attend absolument rien, mais qui s’avère être des découvertes excellentes. C’est la cas de ce restaurant dans la plus pure tradition italienne situé place Saint-Josse. Bon, nous n’avons pas testé toute la carte, loin de là, et je n’ai même pas bu de vin, mais j’ai mangé à cette endroit la meilleure calzone qu’il m’avait été donné de goûter depuis fort longtemps. Les prix sont d’ailleurs assez élevés pour le quartier, le décors est franchement kitsch, le service est donné par des italiens assez froids sans être désagréables, mais si l’ensemble de la carte est à l’image du plat que j’y ai goûté, je risque d’y retourner asseez souvent.

La Delizia sur Google Maps

4. Rino son resto

Le quartier étudiant du cimetière d’Ixelles est un endroit finalement assez peu propice pour une pizzeria de qualité, vu la demande de prix plancher, et que plus plancher que la pizza surgelée, c’est pas possible pour un resto. C’est pour cela que les formules « plats de pâtes » ont beaucoup plus la côte (beh oui, on peut es proposer vraiment pas chers, et ça demande quand même plus de préparation pour l’étudiant chez lui que la pizza surgelée). Le seul italien réputé de qualité du coin est le sono di italia qui est dans des gammes de prix assez élevée (et que je n’ai donc jamais testé). Reste que cela fait maintenant 6 mois qu’un transfuge de cette adresse a décidé d’ouvrir son propre établissement quasiment sur le rond-point du cimetière. Même optique assez haut de gamme, mais un décor beaucoup plus moderne (cuisine à l’avant du restaurant) dans les tons rouge et noir. Classe, quoi. Je dois bien avouer que cette jolie présentation m’a fait l’effet d’une coquille vide. Premier regret, la lenteur du service… Nous avons mis sans doute une heure et demi pour manger notre plat de pâtes. Peut-être sommes nous tombé un mauvais jour, mais il faut bien admettre qu’avec cette longue attente, on espère être récompensé. Et si le plat était de qualité supérieure, je dirais, il était bien trop peu copieux, encore plus quand l’attente est fort longue pour l’obtenir. Bref, si vous avez le temps de prendre un service complet et que le problème de vitesse du service est réglé depuis, cette adresse pourrait être assez agréable grâce à un cadre réussi et une cuisine qui m’a laissé un bon souvenir de bouche. Sinon, passez votre chemin, car ce restaurant est peut-être un peu trop ambitieux et en décalage avec la population du quartier.

http://www.rino-son-resto.be/

5. Mano à Mano

On va terminer avec un classique de Bruxelles. Le Mano à Mano, situé rue Saint-Boniface (entre le belgo-belge et l’ultime atome), est une véritable cantine italienne. Venez tôt, car c’est vite rempli et les tables sont finalement assez peu nombreuse. Pas grand chose à dire sur cette adresse, finalement peu révolutionnaire, mais tellement simple et efficace ! Les pizzas, les plats de pates ou les viandes sont toutes des préparations très connues, mais réalisée de façon très correcte, à des prix abordable. C’est surtout l’ambiance très décontractée qu’on apprécie dans ce lieu qui est un véritable restaurant bruxellois de cuisine italienne.

Mano à Mano sur Google Maps

Il en reste beaucoup que je n’ai pas cité, n’hésitez pas à me signaler une adresse immanquable que j’aurais omise de citer (il y en a beaucoup, j’en suis sûr) !

jan
23

Facebook


Posted in Vie du blog, web, web 2.0 by Yann Lebout - jan 15, 2010

J’ai vraiment envie d’écrire un article sur Facebook. D’une part parce que c’était le sujet du dernier Café Numérique, et que les présentation étaient intéressantes et variées, d’autre part parce que les déclaration du PDG de Facebook dernièrement ont pu en agacer certain. Le problème, c’est que c’est difficile de rajouter quelque chose de pertinent à tout ce qui a déjà été dit sur ce site. Et en plus, quand je parle de Facebook, j’ai toujours envie de dire « on vous l’avait bien dit ».

Honnêtement, les journalistes qui s’amusent à annoncer un changement radical de Facebook au niveau de la vie privée se foutent un peu du monde. C’est vrai que les options par défauts rendent actuellement Facebook beaucoup plus public qu’avant. Mais bon, cela ne change rien au fait que depuis le début, vous ne pouvez pas réellement contrôler ce que vous rajoutez à Facebook. Le réseau est ainsi conçu que vos contenus sont dupliqués, partagés, distribués ce qui rend impossible toute marche arrière une fois la publication. Vos contenus deviennent publics. Les évolutions successives depuis plusieurs mois (années ?) montrent que cette tendance a toujours été présente. Mais il devient urgent que les gens intègrent bien ce facteur primordial !

Maintenant, si les moyens ont changé, le fait de s’exprimer et s’étaler publiquement n’est pas neuf. Combien ne se sont-ils pas épanchés sur les libres-antennes radiophoniques, combien n’ont-ils pas fait tout pour leur minute sur RTL-TVI. L’envie d’être connu et si possible reconnu du public n’est pas venue de Facebook, l’outil répond juste à un besoin et l’amplifie de manière impressionante. Cette amplification est également un élément primordial à prendre en compte.

Et donc, quand vous dites quelque chose sur Facebook, c’est tout aussi public que si vous le disiez au micro de la RTBF. Sauf que ce passage de quelques secondes se retrouvent comme enregistré sur les cassettes VHS (ou les décodeurs Belgacom TV) de tous vos proches (et de pas mal de proches de vos proches). Plus besoin que quelqu’un soit devant son écran au moment où vous prononcez les mots, il peut les retrouver quelques heures ou quelques jours plus tard. L’effet d’amplification n’est donc pas de la même nature que les mots lachés au micro de AB3 (bon, ils font pas d’émission, mais faisons comme si), car ils vont toucher beaucoup de personne, pendant longtemps. Ils ne disparaîtront pas une fois prononcés. En fait, ils ne disparaîtront plus jamais.

Pour ces différentes raisons, il devient urgent et crucial d’offrir une éducation aux nouveaux médias aux jeunes et aux parents, mais à tout le monde également. Il ne faut pas avoir peur de Facebook, il est totalement contre-productif d’appeler au boycott face à des décisions de l’entreprise Facebook, puisque son produit répond à un besoin tellement imposant qu’un appel au boycott est aussi efficace que l’appel au boycott du chocolat. Mais il va devenir d’une nécessité absolue d’aider les gens à se servir de ces outils dans leur travail et dans leur vie privée.

En réalité, je suis d’accord avec Mark Zuckerberg, la manière dont on perçoit la vie privée évolue, et il est probable que les enfants qui surfent pour le moment sur Facebook n’auront pas la même vision que les quarantenaire qui s’y inscriront dans 1 an par dépit. Je ne crois pas qu’il soit utile de lutter contre ce phénomène (qui est finalement assez similaire en termes de changement de paradigme à ce qu’on a pu observer fin des années 60, début des années 70), je crois qu’il faut éduquer à cette transformation pour qu’on puisse en tirer le meilleur : plus de collaboration, plus de tolérance. Et plus de chatons.

jan
15

L’allocation de remplacement, une source de richesse


Posted in Vie du blog, politique by Yann Lebout - jan 11, 2010

Cet article est une réponse à l’article de Echocynique paru ce 10 janvier sur son blog et les commentaires à son sujet relevé sur Twitter.

L’interview du président du PS concernant les impacts de la crise sur les plus pauvres est assez criticable. Malheureusement, la critique que @Echocynique nous propose est tellement superficielle et grossièrement polémique que je ne peux me résoudre à ne pas y réagir.

Dans l’ensemble, l’article joue au Nostradamus économique en mettant en avant des liens de causes à effets non démontrés (ce qui, en soi, est logique dans un billet d’opinion) mais surtout non étayés d’arguments. Je ne vois personnellement pas en quoi le contrôle des prix des produits de base aurait un impact important sur les petits commerces. Les petits commerçants en Belgique ne sont actuellement pas particulièrement dépendants des produits de première nécessité : les épiceries de quartier ont totalement disparu, seuls restent des nights shops qui seraient de toute façon exclus d’une mesure de contrôle des prix (ce qui est d’ailleurs assez dommage, la plupart sont franchement illégaux). Par ailleurs, ce sont bien les gros distributeurs mais surtout les grossistes qui seraient le plus victimes de ce contrôle des prix des produits de base, ce qui va de toute façon amener à une augmentation d’autres prix en compensation. Je doute donc que cette mesure d’un autre âge soit réellement pertinente, d’autant plus que l’inflation a été particulièrement faible ces derniers mois et qu’un contrôle des prix supplémentaires seraient néfastes pour les revenus de la consommation, déjà assez affaiblis. Je doute de toute façon que cela participe de manière réelle à l’amélioration du bien-être des plus démunis.

S’il y a donc d’excellents arguments pour critiquer le contrôle des prix, qui ne sont pas la menace que cela ferait peser sur les petits commerçant, les deux lignes concernant l’augmentation des revenus de remplacement sont franchement faiblardes. L’argument du piège à l’emploi est un cheval de bataille des personnes opposées à ces revenus, et il relève jusqu’à preuve du contraire, du fantasme. Si j’arrive jusqu’au chômage (je suis en stage d’attente), je bénéficierai d’une allocation de moins de 800 euros par mois. Cela permet certes de survivre mais certainement pas de vivre (c’est à dire s’épanouir dans son existence). Aù-delà du fait que la plupart des personnes travaillent également pour avoir une place dans notre société, ce qui semble être rarement le cas des ultra-libéraux qui semble considérer le travail uniquement comme une source de revenu, je doute que passer les revenus de remplacement à 850 euros constituerait une raison suffisante pour la plupart de mettre tout en oeuvre pour rester au chômage. Parce qu’à part se loger, se nourrir, se vêtir, se chauffer et communiquer, on peut pas faire grand chose de plus avec cette somme, et on fait déjà tout cela assez mal !

D’autant plus qu’il faut vraiment se démener pour les garder, ses allocations de remplacement sans travailler, vu le système d’exclusion de plus en plus renforcé (et assez injuste et aléatoire) qui est mis en place. Il est pourtant nécessaire, car la fraude existe : travailleurs au noir qui profitent du chômage (ou employeurs qui sous-paient des travailleurs au noir en leur faisant valoir le fait qu’ils continueront à toucher le chômage – j’en connais), fausse déclaration de cohabitation et autres arnaques au CPAS sont des fléaux contre lesquels il faut lutter. Néanmoins, c’est bien autours de la fraude que doit s’axer le système d’exclusion des revenus de remplacement. A l’heure actuelle, des personnes qui veulent changer d’orientation (c’est encore le droit de chacun de choisir son travail) et se forment pour cela sont menacés d’exclusion du chômage, d’autres qui sont simplement sous-qualifiés mais veulent vivre et travailler décemment (ce qui me semble aussi le droit de tous) le sont également.

Car il est là, le véritable problème : il est impensable à l’heure actuelle qu’un travailleur à temps-plein quelque soit sa fonction, gagne moins de 1100 euros net par mois (surtout à Bruxelles) ! S’il faut sans doute augmenter les revenus de remplacement pour permettre aux gens de vivre décemment, il faut surtout augmenter le salaire minimum légal et améliorer les conditions de travail des travailleurs les plus précaires. Il n’est pas normal qu’un travailleur n’ait aucun confort de vie. Car si c’est pour vivre mal en exploité dans un travail aux conditions déplorables et ne même pas disposer de moyens suffisant pour vivre bien en dehors, autant vivre mal en exclu de la société car au chômage. On ne sait pas quel est le moindre mal, mais au moins, on ne doit pas se lever le matin.

Mais le pire dans tout cela, c’est que je suis convaincu qu’une augmentation des plus bas revenus (salaire minimum et allocations de remplacement) serait globalement positif pour l’économie. Vu les niveaux de revenus dont on parle, je crois que la majeure partie de cette augmentation serait réinjectée dans l’économie par la consommation, qui est le premier moteur économique de notre pays, créant une demande plus importante et une industrie en meilleure santé. Cette mesure rendra, contrairement à ce qu’affirme l’article auquel je réponds, tout le monde plus riche. Ce en quoi je suis dans la lignée de nombreux économistes politiques qui affirment que les revenus de remplacements sont indispensables aux fonctionnements de nos économies (voir Barthélemy, Pieretti, Heertje « Principes d’économie politique », De Boeck)

Je n’ai pas répondu ici à l’idée que les gens exclus du chômage ne vont pas au CPAS. Comme le lien vers lequel pointe l’article de @echocynique l’explique lui-même, le chiffre de 9% avancé par la Ministre est contesté par une autre étude. L’intervention de Zoé Genot est d’ailleurs intéressante et exprime mon point de vue sur la chasse au chômeur.

Pour résumer ma réaction : le contrôle des prix me semble être une mauvaise idée non pas parce qu’il va constituer une menace pour les petits commerçants mais bien parce qu’il ne va pas améliorer la qualité de vie des plus démunis et que vu les circonstances, il me semble dangereux pour l’économie ; le piège à l’emploi que constitue les allocations de remplacement est un fantasme ultra-libéral que j’attends de voir étayé par des chiffres et qui me semble de toute façon absurde par rapport à la réalité que beaucoup vivent au jour le jour ; l’exclusion du chômage est un moyen de sanction important à préserver pour lutter contre la fraude mais doit se limiter à cet objectif.

Je répondrais bien à tous vos commentaires, mais là, je dois envoyer quelques CV et lettres de motivation, j’entame mon cinquième mois de recherche d’emploi infructueuse, et je vais bientôt devoir prouver à l’ONEM que je mérite le droit de vivre.


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jan
11

Après tout le monde, Avatar


Posted in Vie du blog by Yann Lebout - jan 5, 2010

Oui, je fais souvent les choses en retard, et c’est donc hier que j’ai été assister à la projection en 3D (11 euros, merci) du dernier-né de James Cameron, Avatar. Et si ce titre et cette chronique viennent en effet après tout le monde, cela résume également bien le film qui, alors qu’il nous a été présenté comme révolutionnaire (sous-entendu, qu’on nous a lavé le cerveau pour nous faire intégrer le fait qu’il est révolutionnaire) n’est qu’une vulgaire copie de tout ce que Hollywood a fait (surtout de mauvais) ces dernières années.

Après cette introduction, vous avez compris que je ne suis pas emballé. Mais j’entends déjà des voix gronder et me ramener à la poire l’argument 3D et qualité des images. Alors, pour vite écarter ces arguments : non, la 3D dans ce film n’est pas bien. La 3D n’apporte absolument rien en termes d’immersion dans le film, elle est très inconfortable et elle n’est pas impressionante. Quand à la qualité des images, si elle est difficilement criticable d’un point de vue technique, les choix esthétiques sont tels qu’elles en deviennent simplement imbuvables. Dans le monde d’Avatar, l’eau est toujours pure et limpide, toutes les plantes et les animaux (enfin, les 8 espèces d’animaux – il y en a plus dans Ice Age) sont beaux, lumineux et chatoyants et les conditions climatiques sont toujours optimales. Bref, qu’on ne vienne pas me dire que les images d’Avatar sont photo-réalistes. Elles sont certes très photogéniques, mais elles n’ont rien de réelles : ce sont des images polies et aseptisées pour être esthétiques, ce qui les rend simplement ennuyantes. Un ami me rappelle que c’est aussi parce que le film parle d’un monde où la Nature n’est qu’harmonie et que les choix esthétiques sont donc cohérents avec le propos de Cameron. Et on se retrouve donc à parler du contenu…

Et là, c’est encore pire. Tout a déjà été dit à ce sujet, mais je reviendrai juste sur quelques points. Le premier, c’est la propos en lui-même. On va finir par savoir qu’on est très vilains et qu’on pollue beaucoup (et qu’en plus, on ne fait rien pour arranger les choses), mais la dernière chose que l’humanité a besoin pour s’en sortir, ce sont les intégristes écolos qui clament que la planète a une âme et que nous devons la respecter. Or, c’est bien ce qu’avance le film : protège la planète et elle te protègera si tu le mérites, puisque la Nature est bien évidemment la Justice incarnée. Bref, rien que ce point de vue me donne de l’urticaire, et comme il sous-tend l’ensemble du film, peut-être même la direction graphique, c’est plutôt dérangeant.

Si on rajoute à ça un scénario bateau hollywoodien (je ne vois pas pourquoi tout le monde s’acharne en particulier sur le scénario, il n’est pas plus mauvais que l’ensemble), des personnages à la psychologie aussi fouillée que celle de Jar Jar Bings dans Star Wars I, des dialogue et un jeu d’acteur assez risible, et dont la piètre qualité est renforcée par la motion capture (ou performance capture, si vous voulez), la musique totalement insupportable (on en a marre des percussions à la Safri Duo), et vous avez un nanar absolu qui trouve parfaitement sa place entre Transformers, 2012 et Beowulf.

Ce qui m’énerve le plus, pour finir, par rapport à ce film, c’est qu’on s’acharne à le présenter comme révolutionnaire. Or, si les techniques le sans doute, le résultat en est à l’opposé. En choisissant un sujet aussi rétro (Gaïa, l’âme de la planète, ça date quand même de 68), en le traitant sans aucune originalité et en réalisant avec des moyens techniques impressionnants mais sans vision personnelle, Cameron a transformé ce film en usual bullshit hollywoodienne. Et ça ne m’étonne pas.


jan
5

Les tops, c’est top : les albums les plus décevants de 2009


Posted in Vie du blog, musique, review by Yann Lebout - déc 1, 2009

Nous sommes entrés dans le mois de décembre. Et comme sur tous les blogs qui traitent de musique, il est temps de se lancer dans la rétrospective de l’année écoulée à l’aide du moyen formidable que vous connaissez tous : les tops ! Si je compte bien, il nous reste 5 semaines avant l’année 2010, j’écrirai donc 5 tops, même si je ne sais pas encore lesquels (bon, à part le classique « meilleur album » la dernière semaine). Je précise que mes tops sont totalement subjectifs, composés d’un nombre non déterminés d’éléments, porte sur des albums de 2009, mais également de 2008 et parfois même avant.

Mais aujourd’hui, et pour commencer en fanfare, je vous propose le top des albums les plus décevants de l’année.

6. Birdy Nam Nam « Manual For Successful Rioting »

Birdy Nam Nam est un groupe français qui a la cote en live. Il faut admettre que leur technique aux platines est assez impressionante et qu’il réussise à rendre leurs concerts assez explosifs. Malheureusement, il n’avait pas réussi à rendre ça dans leur premier album plus rétro-jazzy et assez décevant, non pas en termes de production, mais simplement en termes de propos. Leur second album (qui n’a PAS été produit par Justice, uniquement le dernier morceau) change donc son fusil d’épaule en tentant un propos beaucoup plus dansant et direct, dans l’air du temps et… identique à tous les autres ! Si le propos est maintenant beaucoup plus efficace, on est triste de ne pas entendre la différence entre des gens qui composent sur ordinateurs et des pros de la platines. Bref, il manque le petit supplément d’âme nécessaire pour sortir du lot. Peut-être que ce sera pour le troisième opus ?

5. Animal Collective « Merryweather Post Pavillon »

Vous vous en souvenez peut-être, mais au début de l’année, une déferlante musicale est apparue sur les blogs : le nouvel album de Animal Collective était un chef d’oeuvre. Les expériences précédentes que j’avais eues avec le groupe (l’album Sung Tong) m’avaient fait jurer de ne plus jamais exposer mes oreilles à ces bricolages sonores qui m’exaspèrent au plus haut point. Mais les nombreux articles parlant d’un album plus accessible et vantant ses immenses qualités ont eu raison de ma résolution. Grand mal m’en a pris : « Merryweather Post Pavillon » est un album d’Animal Collective avant tout. Il provoque des crises d’épilepsie (Brother Sport), fait passer une bonne nuit (In The Flowers) où donne juste le mal de mer (Taste). J’ai même poussé le vice jusqu’à écouter leur concert au festival de Dour. J’ai bien dormi. C’est décidé, je n’aurai plus jamais le moindre espoir concernant ce groupe.

4. Fischerspooner « Entertainement »

Comment Fischerspooner a pu tomber aussi bas? C’est vrai, son premir album recelait de véritables perles, une quasi-concurrence au Homework de Daft Punk. Et puis, plus rien. Un deuxième album assez nul. Et l’attente. Alors, quand on annonce un nouveau Fischerspooner, l’espoir renaît. On se dit que le duo va peut-être remonter la pente. Quand on voit que malheureusement, le lancement se fait à l’aide du support du label Kitsuné (qui place deux titres dans deux compilations), on prend déjà peur. Fischerspooner est donc au niveau des « dernières sensations musicales branchouilles ». Et en fait, c’est même moins bien que ça. L’album est inécoutable, oscillant entre Pet Shop Boys de seconde zone et pseudo-expérimentation sonore. Encore un groupe qu’il va falloir oublier (et oublier les horribles titres en français dont il a affublé ses chansons).

3. Depeche Mode « Sound of the Universe »

J’ai une petite faiblesse pour Depeche Mode. Mais j’ai aussi remarqué que j’apprécie généralement plus les albums les moins reconnus par la critique. Je ne fais pas exception ici encore, puisque le dernier DM a été accueilli assez positivement, et que je ne l’aime pas trop. Autant j’avais adoré le précédent, autant le côté très pop synthétique des arrangements de celui-ci me dérange. Entendons-nous bien, ce n’est pas la catastrophe, et certains titres sont excellents (Wrong en premier, In Chains également), mais dans l’ensemble, l’album me plait beaucoup moins tout comme le choix des singles après Wrong. Je reste néanmoins friand du groupe mais j’attends la suite avec une petite pointe d’anxiété…

2. Lady Sovereign « Jigsaw »

Encore un de mes talons d’achille : le hip-hop anglais. J’avais beaucoup aimé le premier album de Lady Sovereign et ses titres formidables comme Tango, Love me or Hate Me, Random,… Je m’attendais donc à une montée en gamme de la jeune dame sur son deuxième opus. J’ai bien vite déchanté. Certes le morceau d’ouverture « Lets Be Mates » est franchement catchy et marrant (I’m weird, you’re weird, let’s be mates), mais la suite s’embourbe dans une électro-pop sans saveur ni finesse qui correspond en plus très peu au côté très « rentre-dedans » de la jeune dame « qui-rote-qui-pète ». Dommage, elle vient rejoindre ainsi nombre de star du hip-hop anglais en recherche de nouveauté et de progression (Skepta, Dizzee Rascal, Wiley,…)

1. N.A.S.A. « Spirit Of Apollo »

Cet album-là est une véritable déception. Comment est-il possible de réussir à ramener (attention, c’est parti) Spank Rock, M.I.A., Santogold, Kanye West, Lykke Li, George Clinton, DJ Qbert, The Cool Kids, David Byrne, Tom Waits, Kool Keith, RZA, KRS-One et encore plein d’autres sur un même album et faire quelque chose de plutôt moyen. Certains titres fonctionnent plus ou moins comme Watchadoin? mais dans l’ensemble, c’est loin d’être la fête. En plus de manque d’unité dans l’album, problème que l’on peut encore accepter, l’écriture des morceaux laisse à désirer et la production est extrêmement plate. Ce n’est pas inécoutable, mais ce n’est pas terriblement bon non plus. Or, avec des invités de cette prestance, c’est le minimum qu’on puisse demander, le terriblement bon…

On aurait pu également trouver dans cette liste le dernier U2 ou le dernier Lilly Allen qui sont très mauvais, mais je n’avais aucune attente vis-à-vis de ces albums.

déc
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