Musique en vrac #2


Posted in musique, web by Yann Lebout - jan 13, 2010

Une sélection de 2009 très originale

Je commence cet article par une sélection tardive du meilleur de 2009 par un des rédacteurs de l’excellent blog La Blogothèque. Il faut dire que le bonhomme n’y va pas par quatre chemin en mettant en ouverture de son article le dernier album des Pet Shop Boys. Si je ne suis pas d’accord avec ce choix, je le trouve si intelligent et consistant du reste de ses choix (Patrick Wolf, Annie, A-Ha) que cela me donne une réelle envie de découvrir les quelques noms inconnus de la liste de Pierre, puisque c’est son nom. En attendant, une petite dose de pop acidulée ne fait jamais de mal à personne…

Un Vampire Weekend qui choisit bien son moment

Après les fêtes de fin d’année, le syndrome post-classements en tous genres fait surface : il faut vite trouver du nouveau matériel pour remplir les pages de nos blogs désertées par les articles-marronniers faciles que constituent les rétrospectives de l’année écoulée. Remercions donc Vampire Weekend de nous sortir son album assez attendu, suffisamment en tout cas pour occuper tout le web musical en ce début morne de l’année (à lire sur WATM, Soul Kitchen, The Violette Roll, Playlist Society, Esprits Critiques, Dance Dance Dance entre autres). Je n’ai pas écouté ce deuxième opus Contra. Mais comme le premier opus m’a déjà assez déplu et qu’il n’y aurait pas de grande révolution à l’horizon, je crois que je vais faire l’impasse cette fois-ci. Néanmoins, si vous aimez la pop sautillante, vous pouvez tenter le coup ! Je suis pour ma part convaincu à la lecture des critiques que c’est le calme de la période qui offre à Vampire Weekend autant de part d’audience…

Le coin branché : Animal Collective, Phantogram et Tings Tings

Un autre groupe qui avait fort bien réussi à profiter du creux de fin d’année pour placer son horrible Merryweather Post Pavillon début 2009, c’est Animal Collective. Et pour fêter la première année de l’album (youpie), ils nous proposent un clip vidéo pour la chanson « Brothersport » (qui est, selon moi, la plus horrible de l’album). Sauf que cette fois-ci, même leurs plus fervents supporter sur le web sont dubitatifs. Si même Fluctuat ou Ziknation se mettent à douter des rois de l’indie, il ne faudra peut-être plus longtemps pour que les Inrocks les abandonnent également. Non, là, je fantasme…

A contrario, un groupe qui a été vite grillé parce que trop branché, les Tings Tings, m’avaient impressionnés sur scène en défendant avec énergie et simplicité leur premier opus sur la scène du Botanique. Du coup, je suis plutôt curieux de leur second opus qui sortira en 2010 et portera le nom de Kunst. Selon Ziknation, il sera plus rock. Je sais pas pourquoi, mais j’en doute…

Enfin, une découverte (aussi via Ziknation, décidément) qui risque de devenir fort branchée, Phantogram, duo à la voix féminine et aux beats breakés assez massifs renforcés de guitares qui marchent bien et de quelques claviers. Non seulement, je trouve ça pas mal. Mais surtout je vois chez eux un gros potentiel commercial buzzique. Je me trompe sans doute, comme souvent, mais que cela ne vous empêche pas d’aller jeter une oreille sur leurs trois morceaux sur leur MySpace (mon préféré étant « When I’m Small »).

Jon Hopkins insuffle une âme à la musique expérimentale

Pourtant, à la lecture d’un trait saillant de son CV, la production de parties électroniques du dernier Coldplay Viva la Vida, on pourrait croire que le bonhomme n’a ni lien avec la musique expérimentale, ni âme. Si on poursuit un peu, on apprendra pourtant qu’il a également travaillé avec notamment Massive Attack. Et c’est à l’écoute de son opus Insides qu’on finira par succomber aux qualités incroyables de ce musicien issu du classique. En effet, en deux parties de 5 titres, Jon Hopkins met les beats aux services du piano, et inversement, et réciproquement. Après une introduction qui n’augure pourtant rien d’exceptionnel, la première partie va nous emmener au pays du beat saccadé. Si vous aimé Modeselektor, Ellen Allien ou Apparat (et à fortiori Moderat), vous adhérerez à ces 4 morceaux impeccables du bout en bout, jusqu’au « Colour Eyes » nettement plus difficile d’accès mais dans la prolongation parfaite de la montée que constitue les 3 morceaux précédents. La deuxième partie nous propose des ambiances plus apaisées, plus lumineuses. Elle s’ouvre sur « Line Through The Veins » que vous pourrez reconnaître puisqu’il s’agit d’une autre version du morceau d’ouverture de l’album Viva La Vida de Coldplay, « Life In Technicolor« . Elle se poursuit quelques fois simplement au piano, souvent accompagnées de quelques machines qui déroule le velours de leurs beats électroniques. Je ne vous en dit pas plus, d’autres en parle de toute façon avec bien plus de brio que moi (chez Esprits Critiques notamment), j’espère juste vous avoir donné l’envie d’y jeter une oreille.

http://www.myspace.com/jonhopkins

jan
13

Les tops, c’est top : les albums les plus décevants de 2009


Posted in Vie du blog, musique, review by Yann Lebout - déc 1, 2009

Nous sommes entrés dans le mois de décembre. Et comme sur tous les blogs qui traitent de musique, il est temps de se lancer dans la rétrospective de l’année écoulée à l’aide du moyen formidable que vous connaissez tous : les tops ! Si je compte bien, il nous reste 5 semaines avant l’année 2010, j’écrirai donc 5 tops, même si je ne sais pas encore lesquels (bon, à part le classique « meilleur album » la dernière semaine). Je précise que mes tops sont totalement subjectifs, composés d’un nombre non déterminés d’éléments, porte sur des albums de 2009, mais également de 2008 et parfois même avant.

Mais aujourd’hui, et pour commencer en fanfare, je vous propose le top des albums les plus décevants de l’année.

6. Birdy Nam Nam « Manual For Successful Rioting »

Birdy Nam Nam est un groupe français qui a la cote en live. Il faut admettre que leur technique aux platines est assez impressionante et qu’il réussise à rendre leurs concerts assez explosifs. Malheureusement, il n’avait pas réussi à rendre ça dans leur premier album plus rétro-jazzy et assez décevant, non pas en termes de production, mais simplement en termes de propos. Leur second album (qui n’a PAS été produit par Justice, uniquement le dernier morceau) change donc son fusil d’épaule en tentant un propos beaucoup plus dansant et direct, dans l’air du temps et… identique à tous les autres ! Si le propos est maintenant beaucoup plus efficace, on est triste de ne pas entendre la différence entre des gens qui composent sur ordinateurs et des pros de la platines. Bref, il manque le petit supplément d’âme nécessaire pour sortir du lot. Peut-être que ce sera pour le troisième opus ?

5. Animal Collective « Merryweather Post Pavillon »

Vous vous en souvenez peut-être, mais au début de l’année, une déferlante musicale est apparue sur les blogs : le nouvel album de Animal Collective était un chef d’oeuvre. Les expériences précédentes que j’avais eues avec le groupe (l’album Sung Tong) m’avaient fait jurer de ne plus jamais exposer mes oreilles à ces bricolages sonores qui m’exaspèrent au plus haut point. Mais les nombreux articles parlant d’un album plus accessible et vantant ses immenses qualités ont eu raison de ma résolution. Grand mal m’en a pris : « Merryweather Post Pavillon » est un album d’Animal Collective avant tout. Il provoque des crises d’épilepsie (Brother Sport), fait passer une bonne nuit (In The Flowers) où donne juste le mal de mer (Taste). J’ai même poussé le vice jusqu’à écouter leur concert au festival de Dour. J’ai bien dormi. C’est décidé, je n’aurai plus jamais le moindre espoir concernant ce groupe.

4. Fischerspooner « Entertainement »

Comment Fischerspooner a pu tomber aussi bas? C’est vrai, son premir album recelait de véritables perles, une quasi-concurrence au Homework de Daft Punk. Et puis, plus rien. Un deuxième album assez nul. Et l’attente. Alors, quand on annonce un nouveau Fischerspooner, l’espoir renaît. On se dit que le duo va peut-être remonter la pente. Quand on voit que malheureusement, le lancement se fait à l’aide du support du label Kitsuné (qui place deux titres dans deux compilations), on prend déjà peur. Fischerspooner est donc au niveau des « dernières sensations musicales branchouilles ». Et en fait, c’est même moins bien que ça. L’album est inécoutable, oscillant entre Pet Shop Boys de seconde zone et pseudo-expérimentation sonore. Encore un groupe qu’il va falloir oublier (et oublier les horribles titres en français dont il a affublé ses chansons).

3. Depeche Mode « Sound of the Universe »

J’ai une petite faiblesse pour Depeche Mode. Mais j’ai aussi remarqué que j’apprécie généralement plus les albums les moins reconnus par la critique. Je ne fais pas exception ici encore, puisque le dernier DM a été accueilli assez positivement, et que je ne l’aime pas trop. Autant j’avais adoré le précédent, autant le côté très pop synthétique des arrangements de celui-ci me dérange. Entendons-nous bien, ce n’est pas la catastrophe, et certains titres sont excellents (Wrong en premier, In Chains également), mais dans l’ensemble, l’album me plait beaucoup moins tout comme le choix des singles après Wrong. Je reste néanmoins friand du groupe mais j’attends la suite avec une petite pointe d’anxiété…

2. Lady Sovereign « Jigsaw »

Encore un de mes talons d’achille : le hip-hop anglais. J’avais beaucoup aimé le premier album de Lady Sovereign et ses titres formidables comme Tango, Love me or Hate Me, Random,… Je m’attendais donc à une montée en gamme de la jeune dame sur son deuxième opus. J’ai bien vite déchanté. Certes le morceau d’ouverture « Lets Be Mates » est franchement catchy et marrant (I’m weird, you’re weird, let’s be mates), mais la suite s’embourbe dans une électro-pop sans saveur ni finesse qui correspond en plus très peu au côté très « rentre-dedans » de la jeune dame « qui-rote-qui-pète ». Dommage, elle vient rejoindre ainsi nombre de star du hip-hop anglais en recherche de nouveauté et de progression (Skepta, Dizzee Rascal, Wiley,…)

1. N.A.S.A. « Spirit Of Apollo »

Cet album-là est une véritable déception. Comment est-il possible de réussir à ramener (attention, c’est parti) Spank Rock, M.I.A., Santogold, Kanye West, Lykke Li, George Clinton, DJ Qbert, The Cool Kids, David Byrne, Tom Waits, Kool Keith, RZA, KRS-One et encore plein d’autres sur un même album et faire quelque chose de plutôt moyen. Certains titres fonctionnent plus ou moins comme Watchadoin? mais dans l’ensemble, c’est loin d’être la fête. En plus de manque d’unité dans l’album, problème que l’on peut encore accepter, l’écriture des morceaux laisse à désirer et la production est extrêmement plate. Ce n’est pas inécoutable, mais ce n’est pas terriblement bon non plus. Or, avec des invités de cette prestance, c’est le minimum qu’on puisse demander, le terriblement bon…

On aurait pu également trouver dans cette liste le dernier U2 ou le dernier Lilly Allen qui sont très mauvais, mais je n’avais aucune attente vis-à-vis de ces albums.

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